Le petit patrimoine, ou patrimoine « vernaculaire », définie l’ensemble des constructions ayant eu, autrefois, un usage dans la vie de tous les jours. Il incarne aujourd’hui la mémoire d’un village, d’une région et bénéficie d’importants programmes de sauvegarde pour le maintenir en bon état de conservation.
Les murgers
Ces petits murets de pierres sèches, dressés le long des vignes, ont la particularité de tenir par un simple calage dû à un empilement méthodique, sans mortier. Ils étaient montés à partir des pierres extraites des vignobles et servaient à délimiter les parcelles. Dès le XIIIe siècle on retrouve la trace des murgers dans certains écrits.
Les cadoles ou cabottes
Ces petites constructions de pierres sèches disséminées ça et là au milieu des vignes, faisaient jadis office de refuge et de resserre à outils aux paysans et aux vignerons. Elles étaient bâties avec les pierres retirées des vignes lors de la création ou de l’entretien de ces dernières. Les pierres les plus communes servaient à dresser les « muras » ou « murgers », ces murs bas qui délimitaient les parcelles de vignes. Les plus belles pierres, plates, larges et facile à appareiller, étaient réservées à l’édification des cabanes.
Chaque cadole desservait une parcelle et servait au vigneron : il y trouvait chaleur en hiver, fraîcheur en été et refuge contre les intempéries. Certaines cadoles comportaient des éléments de confort : banquette, niche, porte à serrure.
Ces constructions sont un véritable défi aux lois de l’équilibre, en effet la voûte est uniquement composée de pierres extrêmement lourdes qui tiennent par un habile jeu de pression. Une des particularités des cadoles, est qu’il n’en existe pas deux similaires, tant par la forme que par la taille ou encore l’aménagement intérieur.
« J’ai oublié mon âge et personne ne s’en souvient. J’ai une croûte de mousse rêche sur mon crâne de laves. Je n’ai plus la force de résister aux ronces et aux broussailles »
Extrait de Cabottes et Meurgers, Pierre Poupon, éd.Lioger d’Ardhuy, 1990
Les lavoirs
Le lavoir était un lieu éminemment important au XIXe siècle. Souvent placé au cœur des communes, il incarnait le lien social entre les femmes qui s’y retrouvaient chaque semaine pour laver le linge et échanger les dernières nouvelles du village. Les grandes lessives annuelles permettaient, par l’importance du linge étendu, d’évaluer la prospérité du voisin.
A partir du XVIIIe siècle le besoin croissant d’hygiène se confirme et provoque la multiplication des lavoirs jusqu’au XIXe siècle. L’Etat encouragera d’autant plus cette mesure après l’épidémie de choléra de 1849. Certains d’entre eux se trouvaient dans l’enceinte même d’un château et faisait l’objet d’un péage. Souvent construits non loin d’un point d’eau, ils étaient la plupart du temps dressés dans la partie basse du village pour que les femmes préposées à la lessive, les lavandières, puissent acheminer facilement leurs ballots de linge. Certains lavoirs sont dits à impluvium, soit alimentés par les eaux de pluie.
Le saviez-vous ? Autrefois ce lieu hautement symbolique situé au cœur du village était appelé non sans humour « le parlement des femmes » ou encore « le cabinet de médisances ».
L’art Roman sur la Côte Chalonnaise.
Grâce à l’essor de l’activité monastique aux Xe et XIème siècle et à la proximité de l’abbaye de Cluny, la Côte Chalonnaise est dotée de très beaux exemples d’architecture romane. Outre les hauts lieux de spiritualité mondialement connus tels que Vézelay, Paray-le-Monial, il existe au Sud de la Saône et Loire tout un ensemble d’édifices religieux de taille plus modeste recelant de véritables trésors de l’époque romane. Ces nombreuses réalisations permettent une meilleure lecture des grands ensembles célèbres car elles représentent le long apprentissage de ces moines et maçons du Xe et XIIe siècle, qui s’initièrent avec humilité et amour aux techniques architecturales et décoratives de leur époque. Ces constructions impressionnent par leur force, leur solidité tranquille grâce auxquelles elles arrivèrent jusqu’à nous malgré les guerres, l’abandon et les multiples vagues de destructions de lieux saints. |
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